Du « copinage  » immobilier à Cambo?

article mediabask du 22 octobre 2015

 

Hier, propriétaire de terres agricoles “potentiellement constructibles”, Francis Salagoïty, co-président de l’Aviron Bayonnais, est aujourd’hui l’heureux propriétaire de terrains devenus constructibles,  à Cambo. Ces terrains pourraient désormais faire l’objet d’un projet immobilier. Co-président de l’AB et adjoint au maire de Cambo, Christian Devèze aurait porté le dossier avec “insistance”.

 

Le passage en zone à urbaniser (1AU) d’un terrain avenue de Navarre fait polémique à Cambo-les-Bains. Ce terrain fera l’objet d’un projet immobilier de 89 logements. Son propriétaire n’est autre que Francis Salagoïty, co-président de l’Aviron Bayonnais. Il semblerait qu’il s’agisse d’un terrain de famille, dont il possède une des cinq parts. L’autre co-président de l’Aviron Bayonnais, Christian Devèze, est par ailleurs adjoint en charge des finances à Cambo-les-Bains. Le bilan du conseil municipal du 20 juillet dernier relate qu’à “la demande insistante de Christian Devèze la commune a pris en compte leur demande” et a soumis au vote la modification du Plan local d’urbanisme (PLU). Modification adoptée malgré l’abstention de plusieurs membres de la majorité et le vote contre des abertzale.

 

C. Devèze ferait du “forcing” car la révision du PLU n’est pas d’actualité mais “pour bientôt et elle pourrait durer deux ans”. Ces terrains pourraient désormais faire l’objet d’un projet immobilier. Certains y voient du “copinage”.

 

“Pourquoi ne pas attendre la fin de la révision du PLU, pourquoi cette précipitation ?”, demande l’élue d’opposition abertzale, Argitxu Hiriart-Urruty, lors du conseil municipal du 21 septembre dernier. L’élu municipal d’opposition, Pantxo Michelena partage cet avis  : “je ne vois pas trop le sens de cette urgence d’autant plus qu’il existe un certain nombre de terrains classés 1AU [constructibles, ndlr] qui ne sont pas à ce jour construits alors pourquoi essayer de rendre constructible un terrain 2AU [potentiellement constructible, ndlr] alors que les 1AU ne le sont pas”.

 

“Une affaire privée”

 

Christian Devèze y met une condition : “que cela s’accompagne d’un développement économique”. Une condition “pour faire passer la pilule”, disent les plus “médisants” comme se plaît à les appeler F. Salagoïty. “Ce projet existait déjà avant les dernières élections. Il n’y a pas d’intérêts particuliers favorisés par rapport à d’autres”, assure l’adjoint aux finances et co-président de l’Aviron Bayonnais, C. Devèze.

 

Lorsqu’on interroge F. Salagoïty, il répond : “c’est une affaire privée et les choses sont suffisamment claires”. Le terrain en face des futures habitations appartiendrait aussi en partie à F. Salagoïty. Il sera dédié au développement économique dont la nécessité reste à prouver. Aucune entreprise n’aurait à ce jour exprimé le souhait de venir s’y installer. Quant au promoteur chargé de la réalisation de ce projet, il ne faut pas aller chercher bien loin. Il s’agit de l’entreprise Kaufman & Broad, l’un des “partenaires principaux” et sponsor de l’Aviron Bayonnais.

 

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